Au royaume des aveugles les borgnes sont rois

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Au royaume des aveugles les borgnes sont rois

La semaine dernière j’avais un entretien avec une photographe qui est devenue freelance en janvier dernier.

Elle a quitté son emploi de salarié pour diverses raisons, entre autre par manque de liberté sur les sujets traités. Au fil de notre entretien, je m’aperçois qu’elle projette de proposer les mêmes prestations que dans son ancien emploi, alors que ce qui l’ennui c’est de ne pas pouvoir traiter les sujets qui la passionne… Mais alors « pourquoi ne profitez-vous pas de votre nouveau statut pour faire ce que vous voulez vraiment ?« 

Pourquoi je vous raconte cette histoire ? Pour plusieurs raisons :

Parce que cela m’a montré qu’en voulant échapper à quelque chose nous échappons juste à ce quelque chose… ou pas…

Parce que cela a renforcé ma conviction que quelque soit notre motivation à agir, nous devons prendre du recul pour voir ce que cela nous a ouvert comme nouvelles possibilités.

Parce que cela a confirmé le fait que celles qui ont quittées leur emploi salariées pour éviter ou fuir quelque chose, doivent se créer un plan si elle veulent que leur activité perdure dans le temps.

Que vue de ma fenêtre, il est horrible d’être en position de vivre comme nous le voulons, d’en avoir l’envie, et de ne pas voir que nous le pouvons.

Et pour vous, l’indépendance vous a ouvert quels horizons ?

Amitiés,
Eri Schön

(ce post a été initialement publié le 20 avril 2016)

5 COMMENTAIRES

  1. Très juste cette vision des choses. Vouloir penser que l’herbe est toujours plus verte ailleurs et en profiter seul(e) est une erreur sans un minimum de recul et de préparation. L’indépendance est une chose aisée quand on sait comment s’y prendre et avoir le recul nécessaire. Seulement la pression, les tensions, les dissensions, les contraintes engendrées par le collectif, nous pousse à toujours penser qu’être indépendant nous facilitera les choses et nous permettra de vivre plus librement et aisément les choses, ce qui n’est pas tout à fait faut, mais il faut bien préparer les choses, être bien armé(e) pour maîtriser ces choses mais également les personnes, qui sont omniprésentes indirectement même en étant indépendant(e). L’indépendance doit être choisie pour mener à bien des choses divers et variées selon des règles et des principes propres et parfois mieux élaborés qu’avec le collectif qui peut freiner, entraver, interdire, réduire, proscrire et au sein duquel en tant que personne on en est réduit à sa simple utilisation pour un ou des objectifs qui nous dépassent et bien loin de la fonction tenue, sans véritable évolution et progression, là ou l’indépendance peut laisser le champ libre à des possibles loin des conflits d’intérêts, de personnes, d’ambitions, de vanités, d’évolution de carrière. Mais il ne faut pas oublier la réalité et les contraintes de vie auxquelles il est difficile d’échapper en tant qu’indépendant. Car bien qu’indépendant on fait partie d’un ensemble contextuel (matériel, humain, social, financier, économique, etc…). L’indépendance a un prix : celui de tracer son chemin avec intelligence, bon sens, pragmatisme et une certaine marge de liberté contre vents et marées, les codes et règles établies et malheureusement les personnes directement ou indirectement ! 😉 Bien à vous. Mr Franck Delaby

    • Bonjour Eri,

      Toujours un plaisir de partager sa connaissance et ses savoirs essentiels, ainsi que son expérience. Et il est vrai que cela faisait longtemps que je n’avais pas donné mon avis. Toutefois, j’ai malheureusement pas mal de problèmes d’indépendance de vie privée et professionnelle causés par la malveillance de personnes. Ce qu’il fait que j’ai dû abandonner mon intérêt pour les commentaires ici et là sur des sujets où je pouvais et je peux apporter un avis personnel. Mais quand le temps et l’inspiration me le permettent, je n’hésite pas ! Et j’espère en dépit de ces problèmes pouvoir continuer ainsi, même de manière ponctuelle et sporadique en fonction des sujets dont j’apprécie le contenu et le véritable intérêt pour y apporter ma vision des choses à travers ma propre réflexion et mon expérience, car cela peut éclairer et aider des personnes ! Mais pour revenir à ton sujet sur l’indépendance, force est de constater que cela n’est pas aisé, certes parce-qu’il faut y être préparé(e), avoir du recul, être bien armé(e) humainement et matériellement parlant, être bien conscient des contingences humaines, sociales et matérielles auxquelles personne n’échappe, même dans l’indépendance, mais il faut surtout et avant tout affronter et faire face à des personnes pas toujours bienveillantes et qui remettent en cause cette indépendance tant professionnelle que sociale. En attendant, l’indépendance enrichit beaucoup et bien plus que d’être en collectif et elle ouvre un champs des possibles exponentielles qui pourraient l’être avec le collectif ou le groupe s’il n’y avait pas un état d’esprit suffisant, restrictif, intéressé, vénal, conventionnel, convictionnel, bourré d’aprioris, de préjugés, d’idées reçus auquel il est difficile d’échapper même dans l’indépendance, car il n’est pas possible de s’affranchir des personnes qui sont toujours ici et là dans l’environnement, quand bien même elles ne font pas partie de la dynamique et du projet d’indépendance, mais qui sont des « mêles-tout ». Pour conclure, c’est toujours un plaisir de partager sur tes réseaux sociaux et j’espère encore, de temps à autres, au gré de mon inspiration, de mon sens réflexif et de mon expérience, etc…, y apporter mon ou mes avis pour les partager et permettre peut-être à certaines personnes de s’en servir comme une base de réflexion et d’action. 😉 Bien à toi. Franck

  2. 2 remarques : Nos limites sont dans notre tête. C’es valable pour les projets que l’on s’autorise ou pas à faire puis à réaliser lorsqu’on a du temps devant soi…
    Il peut être très positif à la faveur d’une grosse boulette relationnelle de prendre contact avec ce quelque chose imprévu qui vous a pris et fait faire quelque chose de totalement contre-productif. Ce quelque chose je l’appelle « l’ombre » et prendre contact avec elle peut être très « énérgétisant » pour la suite. En d’autres termes abandonner l’image de soi « d’une personne bien sous tout rapport » pour accepter celle d’une personne qui fait de son mieux ET qui peut être dépassée par des forces qu’elle ne connait pas en elle. Ces forces, il me paraît juste de s’efforcer de les accepter, de comprendre les raisons de leur surgissement et d’intégrer les dites raisons dans l’image de soi. J’ajoute au risque de surprendre que je fais mienne l’analyse d’André Moreau (un thérapeute belge décédé il y a quelques années…) qui dit
    « Quand on a fait une boulette, ou bien l’on se sent responsable et l’on répare, ou bien on ses sent coupable et ça suffit. »
    Le sentiment de culpabilité peut en effet être un bon moyen de contacter son ombre…
    BIEN CORDIALEMENT à toutes et tous.

    Pierre

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